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Gaza, la vie sous les drones

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En arabe, Zenana signifie bourdonnement. Ou en argot égyptien, une femme acariâtre. Zenana, c’est le surnom donné par les Gazaouïtes aux drones qui volent au dessus de leur tête.

Un bourdonnement, une menace, dont témoigne, à Gaza, le journaliste Scott Wilson pour le Washington Post.

Depuis 2006, 825 Palestiniens auraient été tués par ces petits engins volants. La plupart serait des civils malencontreusement pris pour cible ou victime d’un éclat d’obus lors d’une attaque aérienne (d’après le Palestinian Center for Human Rights).

Le bourdonnement, c’est l’alerte, la peur, la mort en face - ou plutôt au dessus. "Quand vous entendez les drones, vous entendez la mort", explique un député palestinien.

"Vous ne pouvez pas dormir, explique un père de famille. Vous ne pouvez pas regarder la télévision. Cela terrifie les enfants. Quand ils entendent un, ils disent : il va nous frapper." Puis, plus loin : "Nous essayons de leur dire que c’est un feu d’artifice."

Quand on vit à Gaza, on ne peut échapper au bruit des drones, explique Eyad Sarraj, le responsable du programme de santé mentale de la communauté de Gaza. Leur constante présence provoque un sentiment de vulnérabilité parmi les habitants de Gaza.

" Au fond des esprits de chacun, il y a la peur, dit-il. Du psychiatre à l’étudiant, c’est la sensation que quelque chose de terrible va se produire. Les drones font partie de cette histoire. Ils font partie de [notre] conditionnement : à chaque fois que nous les entendons, nous repensons à ces événements violents et à la mort."

Pour Hamdi Shaqqura, un avocat des droits de l’homme, la présence des drones dans le ciel de Gaza signifie une chose aux Palestiniens : l’armée israélienne n’est plus au sol ; mais elle est dans le ciel, en train de scruter, sans cesse, chaque mètre carré du territoire de Gaza. "Ils n’ont pas être présents sur terre pour affecter chaque aspect de nos vies."


Voir en ligne : L’article du Washington Post (en anglais)